Illustration du lien entre traumatismes, Sens de Cohérence et sévérité de la fibromyalgie
Comprendre la fibromyalgie Traitement & Prise en Charge

Fibromyalgie : le sens de cohérence

Et si ce n’était pas seulement ce que vous avez vécu, mais ce qu’on vous a laissé en faire ?

Vous avez peut-être déjà eu cette pensée : « J’ai une amie qui a traversé les mêmes choses que moi. Elle n’a pas de fibromyalgie. Pourquoi moi ? »

C’est une question légitime. Et une étude publiée en mars 2026, portant sur plus de 2 000 femmes atteintes de fibromyalgie, commence à y apporter une réponse — sans culpabiliser personne.


Ce que la recherche a trouvé

Les traumatismes — violences, abus, deuils brutaux, épuisement prolongé — sont depuis longtemps reconnus comme facteurs déclencheurs ou aggravants de la fibromyalgie. Mais pourquoi deux personnes ayant vécu des épreuves comparables n’ont-elles pas la même sévérité de maladie ?

Cette étude identifie un facteur intermédiaire : le Sens de Cohérence — un concept du chercheur Aaron Antonovsky. Il repose sur trois sentiments :

Je comprends ce qui m’arrive
Le monde n’est pas un chaos total, même hostile — j’arrive encore à le lire, à nommer ce qui se passe.

J’ai les ressources pour tenir
Autour de moi ou en moi, il y a des appuis, des personnes, des outils — et je sais que je peux y accéder.

Ça vaut encore la peine
Même dans la souffrance, ma vie a une valeur — quelque chose m’ancre, quelque chose tient.

Quand ces trois sentiments s’effondrent — parce que les traumatismes les ont détruits un à un — la fibromyalgie s’aggrave. Quand ils résistent, ou qu’on les reconstruit, la maladie est souvent moins invalidante.

« Ce n’est pas seulement ce que vous avez vécu qui détermine la sévérité de votre fibromyalgie — c’est aussi ce qu’on vous a laissé en faire. »

Ce que ça ne signifie pas

  • Ce n’est pas votre faute si votre fibromyalgie est sévère.
  • Ce n’est pas dans la tête — les mécanismes biologiques sont réels, documentés, mesurables.
  • Ce n’est pas une question de volonté ou de caractère. Le Sens de Cohérence se construit — ou se détruit — par ce qu’on traverse et par ce qu’on reçoit comme soutien.

Ce que ça signifie, concrètement

Il n’est pas toujours utile de chercher d’emblée un « grand sens » à la maladie — c’est souvent trop tôt, et ça peut peser davantage. Ce qui aide réellement, c’est plus simple :

  • Identifier ce qui vous tient debout — un enfant, un petit-enfant, un animal, quelqu’un à qui vous comptez. Cette ancre n’a pas besoin d’être justifiée. Elle est là, elle suffit.
  • Comprendre un peu mieux votre corps — chaque information qui rend vos symptômes moins opaques est une brique de reconstruction.
  • Ne pas rester seule — la pair-aidance (être accompagnée par quelqu’un qui vit la même maladie) reconstruit les trois piliers du Sens de Cohérence : on comprend mieux, on se sent moins seule, on voit que d’autres tiennent.

Ce travail de reconstruction n’est pas « penser positif ». Il est souvent long, douloureux, et demande un vrai accompagnement — thérapeutique, social, associatif. Mais il est possible.


Et si personne ne vous l’a encore proposé ?

Les recommandations officielles demandent que les traumatismes soient repérés dans votre parcours de soins. Mais elles ne précisent pas encore comment évaluer et soutenir vos ressources psychosociales — le sentiment de maîtrise, l’accès à un soutien, la capacité à donner du sens à ce que vous vivez.

Vous avez le droit de demander cet accompagnement. Et vous avez le droit de savoir que ce n’est pas un luxe : c’est une cible thérapeutique à part entière.


Article complet : Pourquoi le même traumatisme ne provoque pas la même fibromyalgie chez tout le monde — Le rôle du Sens de Cohérence

Source : Caumo W. et al., Sense of Coherence in the Trauma–Fibromyalgia Relationship, EJIHPE, mars 2026, 16(3), 45. DOI : 10.3390/ejihpe16030045

Illustration du lien entre traumatismes, Sens de Cohérence et sévérité de la fibromyalgie

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