Image conceptuelle d’une personne adulte enfermée dans une cage à oiseaux dorée. La cage est belle mais trop petite. Des mains géantes et souriantes à l’extérieur glissent des coussins moelleux à travers les barreaux, remplissant l’espace jusqu’à étouffer la personne à l’intérieur.]
L’exclusion polie (La fausse bienveillance)
Bienvenue dans « Le Bêtisier de la Fibro des Yaka-Fokon », notre série d’articles décalée où nous passons au crible, avec une bonne dose d’humour (et d’arguments scientifiques !), ces conseils « miracles » et ces phrases toutes faites que les personnes atteintes de fibromyalgie entendent un peu trop souvent. Attachez votre ceinture, ça va piquer… mais c’est pour mieux déconstruire les clichés !
Quand ils vous aiment tellement qu’ils vous enterrent vivants sous des tonnes de « c’est pour ton bien ».
Nous avons exploré le déni frontal (Article 8) et ses conséquences internes (Article 9). Abordons maintenant un adversaire plus sournois, car il avance masqué derrière un sourire compatissant : la fausse bienveillance.
Le Top 3 de la « Cage Dorée » (Version « Cœur avec les doigts »)
Avant d’analyser le phénomène, voici ces petites phrases qui, sous couvert de gentillesse, vous retirent le droit de vivre :
- La pitié paralysante : « Oh là là mon pauvre, je ne sais pas comment tu fais pour tenir le coup… »
- La dépossession d’autonomie : « Non, ne touche à rien ! Assieds-toi, je vais tout gérer, tu vas te faire mal si tu essaies. »
- L’exclusion polie : « On a préféré ne pas t’inviter au week-end, il y aura du bruit, on s’est dit qu’il valait mieux te préserver. »
La Mécanique de la Cage Dorée : De l’aide à la dépossession
C’est le royaume des « gentils » qui, armés des meilleures intentions du monde, finissent par vous faire autant de mal que les négationnistes. Le processus est insidieux et se déroule souvent en trois étapes :
- L’Aide Ponctuelle (Légitime) : « Tu as mal aujourd’hui, laisse-moi porter ce sac. » C’est normal, c’est humain, c’est apprécié.
- La Généralisation (La dérive) : L’entourage commence à anticiper et à systématiser l’aide, sans consulter la personne. La personne malade n’a plus le droit d’essayer.
- La Dépossession (La prison) : La personne n’est plus consultée sur sa propre vie. On décide à sa place. Le résultat est ce qu’on appelle une cage dorée. C’est confortable, c’est capitonné de « bonnes intentions », mais c’est une prison dont les barreaux sont faits de pitié.
L’Analyse : Validisme Bienveillant et Infantilisation
Ce comportement n’est pas de la vraie aide, c’est de l’infantilisation.
La société valide, mal à l’aise face à la souffrance chronique qu’elle ne peut pas guérir, réagit par ce qu’on appelle le validisme bienveillant. Contrairement au rejet hostile, il se manifeste par une pitié excessive qui conduit à traiter l’adulte malade comme un enfant incapable.
Sociologiquement, cela revient à priver l’individu de son autonomie décisionnelle sous prétexte de le protéger. Le message implicite envoyé au cerveau est dévastateur : « Tu es incapable. Tu es trop cassé pour le monde réel. Tu as besoin d’un tuteur. »
Vous n’êtes plus un acteur de votre vie, vous devenez un vase en porcelaine qu’on pose sur une étagère haute pour qu’il ne se casse pas… et qu’on finit par oublier là-haut. C’est une exclusion sociale « douce », une mise au placard avec des coussins, qui isole la personne dans une passivité forcée et érode son estime de soi.
La phrase ironique choc (La Riposte)
Merci infiniment de me protéger de la vie. Je suis sûr que je vais mourir en excellente santé, très reposé, tout seul dans ma boîte en coton.

LE DICO : Les termes à connaître
Infantilisation Attitude qui consiste à traiter un adulte comme s’il était un enfant. C’est quand les autres décident à ta place (ce que tu manges, ce que tu fais, où tu vas) parce qu’ils pensent que tu n’es pas capable de le faire toi-même à cause de ta maladie. C’est comme si on t’enlevait ton permis de conduire ta propre vie.
Validisme Bienveillant (ou Paternaliste) C’est une forme de discrimination « douce ». Les gens en bonne santé (les valides) pensent savoir mieux que toi ce qui est bon pour toi. Ils prennent le contrôle de ta vie « pour ton bien » et te surprotègent, ce qui t’empêche d’être libre et autonome. C’est de la gentillesse qui enferme.
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Un immense bravo pour toutes les chroniques sur les idées reçues. Elles sont tellement drôles et … vraies ! Je me suis reconnue dans chacune d’entre elles ! J’aimerais avoir le même sens de la répartie que pour contrer certaines affirmations bêtes et/ou méchantes !
Dernièrement, on m’a dit » Tu es souriante, radieuse et parais en pleine forme, tu es guérie ? »
Ah vous êtes d’une gentillesse qui nous Ravi. Et ça nous va droit au cœur parce que même si nous n’attendons pas de remerciement nous en avons trop peu pour ne pas remarquer celui là. Nous essayons effectivement de démonter les idées reçues nous ne sommes pas les seuls à le faire mais nous essayons de trouver des moyens de vous aider les uns et les autres et vous donc en particulier chère Angélique. Merci à vous de nous avoir laissé ce commentaire qui nous permet de voir que ce que nous faisons est utile. Merci encore Vraiment merci.