Physiopathologie, symptômes et mécanismes de la maladie.
- Acouphènes
- Perception de sons (sifflements, bourdonnements) sans source extérieure, plus fréquents chez les personnes fibromyalgiques.
- Alexithymie
- Difficulté à identifier et à exprimer ses propres émotions avec des mots ; plus fréquente dans la douleur chronique, elle peut compliquer la prise en charge.
- Allodynie
- Douleur déclenchée par un contact qui ne devrait pas faire mal du tout : un simple effleurement, le frottement d'un vêtement, une caresse.
- Arthrose
- Usure du cartilage des articulations entraînant douleurs et raideur ; maladie distincte de la fibromyalgie, mais qui peut coexister avec elle.
- Asthénie
- Fatigue intense et durable qui ne passe pas avec le repos et n'est pas proportionnée à l'effort fourni.
- Bruxisme
- Grincement ou serrement involontaire des dents, souvent nocturne, fréquent dans la fibromyalgie et source de douleurs de la mâchoire.
- Canal NaV1.7
- Petit « interrupteur » électrique (canal sodique) présent dans les nerfs de la douleur ; il commande le déclenchement du signal douloureux, ce qui en fait une cible majeure de la recherche d'antidouleurs.
- Carences (B12, vitamine D, fer)
- Manques en certaines vitamines ou en fer pouvant provoquer fatigue et douleurs ; faciles à dépister et à corriger, ils sont parfois négligés une fois l'étiquette fibromyalgie posée.
- Comorbidité
- Présence simultanée, chez une même personne, de plusieurs maladies ou troubles ; la fibromyalgie s'accompagne souvent de plusieurs comorbidités.
- Contrôle inhibiteur diffus (CIDN)
- Système de « freinage » naturel de la douleur, par lequel le cerveau atténue les signaux douloureux ; chez beaucoup de personnes fibromyalgiques, ce frein fonctionne mal.
- Douleur neuropathique
- Douleur due à une lésion ou une maladie des nerfs eux-mêmes (brûlure, décharges électriques, fourmillements) ; à distinguer de la douleur nociplastique, où les nerfs ne sont pas lésés.
- Douleur nociceptive
- Douleur « normale » provoquée par une lésion réelle des tissus (brûlure, fracture, inflammation) : le signal d'alarme classique du corps.
- Douleur nociplastique
- Douleur réelle née d'un dérèglement du traitement de la douleur par le système nerveux, sans lésion ni maladie des nerfs pour l'expliquer ; c'est le mécanisme retenu aujourd'hui pour la fibromyalgie, à côté des douleurs nociceptives et neuropathiques.
- Dysautonomie
- Dérèglement du système nerveux autonome (celui qui gère automatiquement cœur, tension, digestion, température), pouvant entraîner palpitations, vertiges ou troubles digestifs.
- Dysfonction temporo-mandibulaire (SADAM)
- Douleurs et gêne de l'articulation de la mâchoire, fréquemment associées à la fibromyalgie.
- Dysthyroïdie
- Dérèglement de la thyroïde (hypo- ou hyperthyroïdie, dont la thyroïdite de Hashimoto) qui peut imiter ou aggraver les symptômes de la fibromyalgie et se corrige par un traitement adapté.
- Dystonie
- Contractions musculaires involontaires entraînant des postures ou des mouvements anormaux, parfois rapportées dans la fibromyalgie.
- Encéphalomyélite myalgique / SFC
- Maladie distincte marquée par une fatigue invalidante aggravée par l'effort ; elle partage des symptômes avec la fibromyalgie et impose de bien les différencier.
- Endométriose
- Maladie gynécologique chronique (tissu semblable à la muqueuse utérine se développant hors de l'utérus), souvent très douloureuse et fréquemment associée à la fibromyalgie.
- Fibro-fog / brouillard cognitif
- Difficultés de concentration, de mémoire et d'attention fréquemment associées à la fibromyalgie : l'impression d'avoir « la tête dans le coton ».
- Fibromyalgie
- Maladie chronique faite de douleurs diffuses et persistantes, d'une fatigue importante et de troubles du sommeil, sans lésion visible des tissus ; reconnue comme maladie à part entière par l'OMS (CIM-11, code MG30.01) depuis 2019, dans les douleurs chroniques primaires.
- Glutamate
- Principal neurotransmetteur « excitateur » du cerveau ; en excès, il participe à l'hyperexcitabilité du système nerveux et à l'amplification de la douleur.
- Hyperalgésie
- Réaction de douleur exagérée à une stimulation normalement peu douloureuse : le même pincement fait beaucoup plus mal que prévu.
- Hyperesthésie sensorielle
- Sensibilité excessive aux stimulations de l'environnement (lumières vives, bruits, odeurs), fréquente dans la fibromyalgie.
- Hypermobilité articulaire
- Souplesse excessive des articulations qui « vont trop loin » ; fréquente, parfois banale, elle peut s'associer à des douleurs chroniques et orienter vers un syndrome d'Ehlers-Danlos.
- Hypervigilance
- État de surveillance permanente du corps et de l'environnement, où l'attention reste focalisée sur les sensations douloureuses, ce qui tend à les amplifier.
- Insensibilité congénitale à la douleur (CIPA)
- Maladie génétique rarissime où la personne ne ressent aucune douleur ; image inversée de la fibromyalgie, elle rappelle que la douleur est d'abord un signal d'alarme vital.
- Intrusion alpha-delta
- Anomalie du sommeil profond où des ondes cérébrales d'éveil (alpha) viennent perturber les ondes du sommeil lent (delta), ce qui appauvrit la récupération.
- Lupus systémique
- Maladie auto-immune pouvant toucher de nombreux organes, dont les manifestations variées peuvent évoquer ou accompagner une fibromyalgie.
- Microglie / cellules gliales
- Cellules de soutien et de défense du système nerveux ; activées de façon excessive, elles peuvent entretenir la douleur et l'inflammation.
- Neuroinflammation
- Réaction inflammatoire à l'intérieur du système nerveux, suspectée de participer à l'amplification de la douleur dans la fibromyalgie.
- Neuropathie des petites fibres
- Atteinte des fines terminaisons nerveuses de la douleur et du système autonome ; retrouvée chez une part importante des personnes fibromyalgiques, elle est davantage une frontière interne de la maladie qu'une autre maladie à part.
- Nocicepteur
- Capteur de la douleur : terminaison nerveuse qui détecte les stimulations potentiellement dangereuses (chaleur, pression, agression chimique) et transmet l'alerte au système nerveux.
- Nociception
- Processus par lequel le corps détecte et transmet un signal de douleur, des capteurs jusqu'au cerveau ; la nociception est le mécanisme, la douleur est le ressenti.
- Paresthésies
- Sensations anormales de fourmillements, picotements ou engourdissement, sans cause mécanique évidente.
- Photophobie
- Gêne ou douleur provoquée par la lumière, manifestation de l'hypersensibilité sensorielle.
- Points douloureux (tender points)
- Zones précises du corps particulièrement sensibles à la pression, historiquement utilisées pour le diagnostic ; les critères récents ne s'appuient plus dessus.
- Polyarthrite rhumatoïde
- Maladie inflammatoire auto-immune qui attaque les articulations (gonflements, raideur prolongée), pouvant coexister avec une fibromyalgie ou être prise pour elle à son début.
- Pseudo-polyarthrite rhizomélique
- Rhumatisme inflammatoire du sujet âgé, marqué par des douleurs des épaules et des hanches, à distinguer d'une fibromyalgie.
- Raideur matinale
- Sensation d'enraidissement du corps au réveil ou après une période d'immobilité, qui s'atténue avec le mouvement.
- Sclérose en plaques
- Maladie neurologique auto-immune dont certains signes (fatigue, douleurs, troubles sensitifs) peuvent, au début, faire évoquer une fibromyalgie.
- Sensibilisation centrale
- Le système nerveux (moelle épinière et cerveau) devient hyperréactif et amplifie les signaux de douleur : le « volume » de la douleur est monté trop haut et reste bloqué, d'où des douleurs sans cause locale identifiable.
- Sensibilisation périphérique
- Les capteurs de douleur situés dans les tissus (peau, muscles…) deviennent plus sensibles et se déclenchent pour des stimulations qui, normalement, ne feraient pas mal.
- Seuil de douleur
- Niveau de stimulation à partir duquel une sensation devient douloureuse ; abaissé en cas de sensibilisation, la douleur survient alors plus vite.
- Sommation temporelle (wind-up)
- Quand des stimulations douloureuses répétées « s'additionnent » et que la douleur grimpe à chaque répétition au lieu de se stabiliser : signe d'un système nerveux qui amplifie.
- Sommeil non réparateur
- Sommeil qui ne restaure pas l'énergie : on se réveille aussi fatigué qu'au coucher, même après une nuit de durée normale.
- Spondyloarthrite axiale (axSpA)
- Rhumatisme inflammatoire chronique touchant surtout la colonne et le bassin, dont le diagnostic est souvent retardé de plusieurs années et parfois confondu avec une fibromyalgie ; la douleur s'améliore typiquement au mouvement et réveille en seconde partie de nuit.
- Substance P
- Molécule messagère qui transmet et amplifie le signal douloureux ; on la retrouve en quantité accrue chez de nombreuses personnes fibromyalgiques.
- Syndrome d'Ehlers-Danlos (SED)
- Groupe de maladies génétiques du tissu conjonctif dont la forme hypermobile s'accompagne souvent de douleurs chroniques et se chevauche fréquemment avec la fibromyalgie.
- Syndrome de Gougerot-Sjögren
- Maladie auto-immune provoquant une sécheresse des yeux et de la bouche, parfois associée à des douleurs et une fatigue proches de celles de la fibromyalgie.
- Syndrome des jambes sans repos
- Besoin irrépressible de bouger les jambes, surtout le soir et la nuit, qui perturbe l'endormissement et le sommeil.
- Syndrome du côlon irritable
- Trouble digestif chronique (douleurs abdominales, ballonnements, transit perturbé) souvent associé à la fibromyalgie.
- Syndrome sec
- Sécheresse anormale des yeux et de la bouche, parfois présente dans la fibromyalgie ; à explorer car elle peut aussi signaler d'autres maladies.