Retraite anticipée des travailleurs handicapés : la règle en 2015 : 50%

Page à jour au 19 mai 2014

Retraite anticipée des travailleurs handicapés

14 ème législature

Question écrite n° 10707 de M. Jean-Claude Leroy (Pas-de-Calais – SOC)

publiée dans le JO Sénat du 06/03/2014 – page 587

M. Jean-Claude Leroy attire l’attention de Mme la ministre déléguée auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, sur la retraite anticipée des travailleurs handicapés ayant la qualité de reconnaissance de travailleur handicapé avec le critère RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé).

En effet, les personnes demandant leur retraite anticipée avant le 31 décembre 2015 pourront faire valoir leur RQTH ou leur taux d’incapacité supérieur à 50 %. Pour les demandes après cette date, seul sera pris en compte le taux d’incapacité supérieur à 50 %.

S’il est vrai que de nombreux travailleurs handicapés n’ont pas demandé autrefois la RQTH alors que leur handicap l’aurait justifié, beaucoup de travailleurs handicapés n’ont pas non plus demandé l’attribution d’un taux d’incapacité permanente en temps utile : ils ne peuvent donc prouver une incapacité de 50 %, ce qui aura pour conséquence de limiter le nombre d’ayants droit.

De nombreux travailleurs handicapés demandent l’adoption de mesures spécifiques permettant d’assurer la réalisation effective du droit des travailleurs handicapés et des parents et conjoints de personnes handicapées dépendantes à une véritable retraite anticipée, dans les conditions équivalentes à celles des travailleurs qui n’ont pas été frappés par le handicap.

C’est pourquoi il lui demande de bien vouloir lui indiquer quelles sont les mesures envisagées par le Gouvernement pour faire bénéficier ces personnes des mêmes avantages que les autres travailleurs RQTH.

Transmise au Ministère des affaires sociales et de la santé

Réponse du Ministère des affaires sociales et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 15/05/2014 – page 1124

Les dispositions de l’article D. 351-1-5 du code de la sécurité sociale pris en application de l’article L. 351-1-3 du même code prévoient les conditions d’ouverture du droit à la retraite anticipée au profit des assurés handicapés : une durée d’assurance minimale, dont une partie doit avoir donné lieu au versement de cotisations à la charge de l’assuré, accomplie alors que l’intéressé était en situation de handicap. Les conditions de durée d’assurance et de durée cotisée exigées dépendent de l’âge de l’assuré à la date d’effet de la pension de retraite, l’âge minimum d’attribution étant fixé à 55 ans. La loi n° 2010-1330 du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites avait étendu le dispositif de la retraite anticipée aux bénéficiaires de la reconnaissance de la qualité de travailleurs handicapés (RQTH) au sens de l’article L. 5213-1 du code du travail, c’est-à-dire celles dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l’altération d’une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique. Le critère de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) est apparu inopérant et source de complexité en gestion pour les caisses et surtout pour les assurés, qui bien souvent n’ont pas demandé ou ne demandent pas le bénéfice de la RQTH au titre de l’ensemble des périodes au cours desquelles ils étaient assurés sociaux. Surtout, la RQTH constitue une reconnaissance temporaire du handicap (pour un à cinq ans) destinée à faciliter l’insertion dans une catégorie d’emploi précise ; un assuré justifiant d’un taux d’incapacité permanente élevé pourra se voir refuser la RQTH, si ce handicap ne constitue pas un frein spécifique à l’emploi qu’il occupe. De même certains assurés justifiant d’un handicap durable, médicalement attesté, mais n’ayant pas demandé la RQTH, pouvaient ainsi être écartés du bénéfice de la mesure. C’est pourquoi la loi n° 2014-40 du 20 janvier 2014 garantissant l’avenir et la justice du système de retraites, prévoit de remplacer, pour le bénéfice de la retraite anticipée des travailleurs handicapés, le critère de la RQTH par un taux d’incapacité permanente (IP) de 50 %, tel qu’établi par les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), afin de prendre en compte, pour le bénéfice de la retraite anticipée, l’ensemble des périodes d’assurance vieillesse obtenues pendant lesquelles l’assuré justifiait d’un handicap conséquent (50 %). À titre transitoire et pour les périodes antérieures au 31 décembre 2015, le critère de la RQTH sera maintenu afin de ne pas changer les règles pour des assurés proches du bénéfice d’une retraite anticipée. À compter de 2016, le critère de 50 % de taux d’incapacité permanente, plus simple et plus large que celui de la RQTH, sera le seul retenu pour ouvrir droit à la retraite anticipée des travailleurs handicapés. Les modalités de ces dispositions seront précisées par décret dont la publication devrait intervenir au cours du premier semestre 2014. Un arrêté viendra compléter ce texte réglementaire : il permettra, après concertation, de préciser les règles d’équivalence entre les différentes reconnaissances administratives du handicap, dans le cadre de l’examen d’un droit à retraite anticipée. Ces équivalences devraient permettre de présumer des situations de handicap au titre de périodes antérieures, parfois très réculées dans le temps, alors que cette présomption était impossible avec le critère de RQTH : des travaux techniques sont en cours pour en construire les modalités.

2 thoughts on “Retraite anticipée des travailleurs handicapés : la règle en 2015 : 50%

  1. Qu’en est-il pour les personnes reconnues handicapés de plus de 50% et qui doivent travailler jusqu’à 61 ans et 7 mois. Pourquoi attendre le 1er janvier 2016 ???
    N’y a t-il pas une injustice pour ces personnes qui arriverons à 61 ans et 7 mois avant 2016 et qui doivent travailler jusqu’à 2 ans de plus malgré leur handicap ?

    1. Bonjour , Weber.

      De l’injustice il y en a dans le traitement du handicap.

      De l’injustice il y en a dans le traitement des retraites.

      De l’injustice il y en a dans le travail (pensez aux travailleurs de l’amiante par exemple).

      De l’injustice sociale il y en a énormément et nous la voyons fortement s’accroître.

      C’est bien aussi contre cela que nous nous battons.

      Amitiés,

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