douleur, douleurs ; et soignants ou médecins

“« Conseils aux jeunes médecins

Ô vous pour qui j’ai crayonné cette faible esquisse de la , élèves dans le plus

beau des arts, que l’étude de ce sentiment pénible soit l’objet constant de vos

méditations et de vos travaux.

Songez que la douleur est le fardeau le plus pesant dont nous ait chargé la nature ;

qu’elle empoisonne toutes les joies, toutes les félicités ; que personne ne veut la

supporter longtemps ; que ce sera toujours en raison du plus d’empire que vous aurez

sur elle que vous recueillerez de vos concitoyens l’admiration, le respect, et la

reconnaissance plus douce qu’eux.

Ne l’appréciez jamais par ce qu’elle vous paraît être, mais par ce que le malade semble

souffrir ; il n’est point de petite douleur pour celui qui souffre, et chacun veut être

plaint.

Gardez-vous de croire à toutes les promesses qu’elle enfante ; invoquées comme des

dieux, au milieu du danger, vous serez souvent oubliés comme eux ; imitez-les alors, et

contents du bien que vous aurez fait, payez-vous par son souvenir.

Lorsque vous armerez votre main du fer de la douleur, prenez toujours conseil de votre

coeur ; lui seul vous apprendra l’art de la rendre légère ; unissez les accents de la

consolation aux cris d’une opération cruelle ; le son de votre voix, dans ces moments

affreux, et le doux nom de l’espérance, sont le premier baume de vos blessures.

Lorsque, moins heureux, il vous faudra rester spectateur impuissant de la douleur,

n’offrez pas sèchement la triste patience ; faites-la supporter par le langage du coeur ;

songer que le malheureux qui souffre est avide d’illusions, et que vous les lui devez,

puisqu’il vous les demande ; enfin, quelques soient les chagrins de votre état, ou les

injustices dont on vous abreuve, soyez toujours les bienfaiteurs des hommes, et croyez

qu’un titre aussi beau doit faire oublier bien des peines. »

BICENTENAIRE DU DISCOURS SUR LA DOULEUR

de Marc-Antoine PETIT

Chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu de Lyon

Prononcé le 28 brumaire de l’an VII ; soit le 21 novembre 1799”

Prononcé à l’ouverture des cours d’anatomie et de chirurgie de l’hospice général des malades de Lyon, en guise de testament professionnel devant ses élèves et collègues, et imprimé à la demande du public chez Reyman & compagnie éditeur (93 p.).

Trois exemplaires sont consultables sur place au fond ancien de la Bibliothèque municipale de Lyon Part-Dieu. Ils sont enregistrés sous les numéros : 362249, 361614, 361648.

Le texte est également reproduit dans son intégralité dans l’ouvrage de Jean-Pierre Peter – De la douleur – Editeur : Quai Voltaire Histoire.

Il est disponible sur le site Web : http://perso.infonie.fr/cordial/discdoul.htm.

La souffrance et la douleur : l’une ne va pas sans l’autre !

La fibromyalgie

Mieux l’évaluer pour mieux la traiter

Dr Patrick GINIES,

Anesthésiste,

Centre d’évaluation

et de traitement de la douleur

CHU MONTPELLIER

« Conseils aux jeunes médecins
Ô vous pour qui j’ai crayonné cette faible esquisse de la douleur, élèves dans le plus
beau des arts, que l’étude de ce sentiment pénible soit l’objet constant de vos
méditations et de vos travaux.
Songez que la douleur est le fardeau le plus pesant dont nous ait chargé la nature ;
qu’elle empoisonne toutes les joies, toutes les félicités ; que personne ne veut la
supporter longtemps ; que ce sera toujours en raison du plus d’empire que vous aurez
sur elle que vous recueillerez de vos concitoyens l’admiration, le respect, et la
reconnaissance plus douce qu’eux.
Ne l’appréciez jamais par ce qu’elle vous paraît être, mais par ce que le malade semble
souffrir ; il n’est point de petite douleur pour celui qui souffre, et chacun veut être
plaint.
Gardez-vous de croire à toutes les promesses qu’elle enfante ; invoquées comme des
dieux, au milieu du danger, vous serez souvent oubliés comme eux ; imitez-les alors, et
contents du bien que vous aurez fait, payez-vous par son souvenir.
Lorsque vous armerez votre main du fer de la douleur, prenez toujours conseil de votre
coeur ; lui seul vous apprendra l’art de la rendre légère ; unissez les accents de la
consolation aux cris d’une opération cruelle ; le son de votre voix, dans ces moments
affreux, et le doux nom de l’espérance, sont le premier baume de vos blessures.
Lorsque, moins heureux, il vous faudra rester spectateur impuissant de la douleur,
n’offrez pas sèchement la triste patience ; faites-la supporter par le langage du coeur ;
songer que le malheureux qui souffre est avide d’illusions, et que vous les lui devez,
puisqu’il vous les demande ; enfin, quelques soient les chagrins de votre état, ou les
injustices dont on vous abreuve, soyez toujours les bienfaiteurs des hommes, et croyez
qu’un titre aussi beau doit faire oublier bien des peines. »
BICENTENAIRE DU DISCOURS SUR LA DOULEUR
de Marc-Antoine PETIT
Chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu de Lyon
Prononcé le 28 brumaire de l’an VII ; soit le 21 novembre 1799

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*