Et la souffrance empire

Pourquoi continuer?

Pourquoi continuer à vivre alors que l’espoir s’amenuise ?

Pourquoi continuer à exister alors que la devient insupportable, peut être parce que le mental ne soutient plus le corps ?

Pourquoi ?

C’est la question que se posent souvent les personnes atteintes de .

Quand la douleur devient insoutenable, quand le corps n’est que souffrance, replié dans la position du foetus, et quand même cette position n’est plus supportable, que les vêtements simplement posés sur le corps sont insupportables, que ma migraine est incessante, que chaque mouvement est subordonné à une nouvelle douleur, que le sommeil ne vient pas, ou si découpé, que la est exténuante, que lever une main ou un pied est un parcours de triathlon, et que le moral est en berne, que la moindre petite chose de la vie est devenue une tache de géant quasi impossible à exécuter, que reste il ?

Quel avenir ? quelles possibilités ?

Un avenir incertain, immobilisé dans ce carcan de la maladie, paralysé par la douleur d’un cerveau atteint qui vous diminue et vous freine, lève les obstacles de la vie devant vous, incapable de les affronter.

C’est cela, en partie la fibromyalgie, et c’est de cela, en partie mais pas eulement ce que ressentent les personnes atteintes de fibromyalgie.

2 thoughts on “Et la souffrance empire

  1. On en est là, à présent.

    Il y a tellement longtemps que je n’écris plus. Il y a ce bâton dans mes roues qui me freine et m’empêche. Il y a ces douleurs qui me submergent. Et il y a cette lassitude qui brouille mes pistes. Le papier et le stylo ont toujours été là pour moi comme des compagnons de route, mais même eux je les ai abandonnés à cause d’elle. La maladie.
    Je pense que l’écriture pourrait me soulager mais je n’y arrive pas. Je n’ai pas la force. J’ai mal aux bras, aux doigts, aux poignets. Du coup même écrire me fait mal. Je suis comme ligotée dans mon corps. Chaque matin je reprends le combat pour faire ce qu’il y a à faire. Chaque nuit je déambule entre rêves de douleurs et douleurs réelles qui me réveillent. Chaque instant est difficile. Chaque jour est une guerre contre l’envie de ne rien faire.
    Et puis il y a ma famille. Mon homme qui doit supporter les déficiences nouvelles de sa petite femme, qui était pourtant forte. Il doit composer avec, il n’a pas le choix. Et mon fils. Mon bébé. Ce Minus avec qui j’aimerais jouer plus. Que j’aimerais cajoler plus. Le porter contre moi est autant une joie qu’un supplice. Je suis tellement fatiguée. Je ne sais pas si j’ai déjà ressenti un tel épuisement. Enfin enceinte peut-être, mais je n’avais pas mal alors ce n’était pas grave. C’était pour créer la vie.
    Je voudrais qu’on me donne une heure par jour, une heure pour souffler, ou ranger, ou profiter. Rien qu’une petite heure sans cette impression d’être écrasée et réduite en miettes par un golgoth. J’ai serré les dents depuis longtemps et avancé quand même, mais mon corps est à bout là. Malgré mes tentatives pour motiver mon cerveau et décider que c’est le mental qui gère, c’est fini. Ça ne fonctionne plus. Je m’écroule comme une petite vieille sans sa canne.
    Mon moral tient le coup à peu près, merci aux antidépresseurs, je suis de bonne humeur et j’essaie de rester souriante et gentille. Ça ne servirait à rien en plus d’être aigrie et mauvaise ! Mais parfois je voudrais bien fondre en larmes pour évacuer un peu, seulement ces petites pilules du bonheur m’ont enlevé la capacité de pleurer à ma guise. Du coup je conseillerais à tous les gens de mauvais poil de prendre du Prozac, ça rendrait les cons plus humains… Enfin bref, voilà, comme d’habitude je fais de l’humour car ça réduit les tensions parait-il. Et ça me ressemble pas mal d’être une fille enjouée. Comment se dessine l’avenir ? Va-t-on trouver quelque chose qui me fasse du bien ? Même la kinésithérapie a du mal à faire effet. Je ne supporte pas toujours bien les massages. Ça apaise après, mais c’est souvent douloureux sur le moment. Une cure thermale me fait rêver mais c’est un budget que je n’ai pas. Je viens déjà de tenter la mélatonine pour essayer d’améliorer mon sommeil, à un euro le cachet par jour ça fait un petit accroc dans le porte-monnaie. Sans compter la lampe de luminothérapie offerte par mon homme et qui doit consommer pas mal. Bref, on tâtonne, on expérimente. La prochaine étape sera peut-être une séance d’hypnose mais là aussi on va attendre d’avoir les finances. Je m’en veux d’être diminuée, c’est frustrant. J’ai envie de faire des choses et je constate simplement que ce n’est plus possible. Me sécher les cheveux, monter et descendre les escaliers, ranger de la vaisselle en hauteur, passer l’aspirateur, conduire… Tout ça est une petite torture. Et je ne parle pas de boulot. On fait plus de tâches qu’avant, et même si l’activité est réduite, j’avance au ralenti. Laver les vitres ou vider le lave-vaisselle d’assiettes lourdes me vole beaucoup d’énergie et vide mes forces. Mes bras se tétanisent. Des aiguilles se plantent dans mes omoplates et mes clavicules. Ma concentration est dissipée, ma mémoire a presque totalement disparu. (Ok elle n’a jamais été féroce mais bon…)
    Je dois me faire à l’idée que, désormais, je suis une autre.

    Julie M, novembre 2016.

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